Si l'album entier vous semble en parfaite harmonie, c'est grâce à cette complicité qui s'est créée avec son producteur et ami Mick Schultz, seul fournisseur de son et producteur exécutif du projet. Une chose rare pour un nouveau venu dans un gros label comme Def Jam, car la plupart du temps, les artistes en profitent pour avoir un tube avec un grand nom derrière les manettes ou bien ce sont les boss qui le décident histoire d'assurer les ventes et les rotations en radio. Pas besoin de tout cela, Jeremih fait confiance à son acolyte de départ, mais c'est aussi et surtout que L.A Reid & Karen Kwak ont avant tout été séduits par le projet de base, d'où cette signature rapide sur le fameux label.
De son talent de pianiste, de son énergie et de ses multiples influences, Mike Schultz réussit à ne pas essouffler ses prods en fournissant à Jeremih des titres variés de qualité qui s'alignent idéalement dans la vibe du moment. Derrière le succès de "Birthday Sex", se cache le premier essai d'un très jeune chanteur (21 ans) dont l'avenir est déjà rempli de belles promesses. Alors bien sûr, il n'y pas de réelle innovation, pas d'originalité ou d'autre titre à la hauteur de son first single, mais son talent et son style le classe amplement au dessus des autres artistes du moment. L'album est parsemé de douces balades romantiques comme les somptueux "Raindrops" et "That Body", mais pas seulement, le deuxième single "Imma Star (Everywhere We Are)" lui voit déjà pousser des ailes dans le dos avec ce mini banger qui sent le luxe.
Si le chemin du succès est tout tracé, c'est aussi en partie grâce à ses inspirations qui viennent d'un peu partout. Il fait bouger les dancefloors à la T-Pain avec son auto-tune sur "Jumpin", l'excellent pied de nez aux contestateurs "Hatin' On Me" n'est pas un featuring avec Kanye West, non non, il reprend juste les mêmes effets vocaux. "Runaway" sonne comme une association Timbaland/Justin Timberlake. Hormis cette ressemblance flagrante, le morceau reste en lui-même bien efficace par ses variations et son refrain. Timbo aurait très bien pu être également à l'origine du banger "Buh Bye". Sa performance remarquable sur le down tempo "Starting All Over", elle, met clairement en avant l'influence que Michael Jackson a eu sur lui. Tout un tas de sonorités déjà entendues qui montrent qu'il est encore jeune, mais qui font aussi le charme de son album éponyme, car bien entendu il en joue de ces similitudes. Pour preuve, il se sample lui-même sur un passage de "Break Up To Make Up".
Jeremih est la révélation R&B de l'année. Séduit par sa maîtrise et ses capacités, on ne peut qu'attendre d'ores et déjà le second opus qui gagnera sûrement en maturité et enfouira, on l'espère, plus d'originalité.




